Roadside current collector / Collecteur latéralA protected roadside rail connects through a retractable arm to an electric car. Two conductors complete the circuit. / Un rail protégé à deux conducteurs alimente une voiture par un bras rétractable. PROTECTED RAIL · TWO CONDUCTORS RETRACTABLE COLLECTOR
Concept sketch / Schéma de principe — not to scale / non à l’échelle

L’idée de départ

À l’entrée d’une section équipée, le conducteur demande une recharge. Si le véhicule est compatible et correctement positionné, un bras isolé déploie un patin de contact vers un rail latéral protégé. Le réseau fournit l’énergie de propulsion et, si la puissance disponible le permet, recharge la batterie pendant le déplacement. Au bout du tronçon, le collecteur se rétracte automatiquement.

Le « fil » imaginé devient ici un collecteur guidé et rétractable : un câble libre risquerait de s’accrocher ou de se rompre. La longueur du tronçon et la vitesse déterminent le temps de charge. La voie de recharge doit être conçue comme une voie de circulation dédiée, avec entrée et sortie contrôlées.

Ce qui existe déjà

Siemens a démontré eHighway, où des camions utilisent un pantographe et une ligne aérienne, avec connexion et déconnexion en mouvement. Cela étaye le principe de captage routier, mais ne valide pas notre rail latéral pour voitures.

Alstom a aussi présenté APS for road, une alimentation conductive intégrée dans la chaussée. Notre piste d’étude est l’implantation latérale et son adaptation aux véhicules légers. L’idée générale de route électrique a donc des antécédents ; cette publication ne revendique pas un brevet ni une nouveauté démontrée.

Le détail indispensable : fermer le circuit

Un tram peut utiliser les rails métalliques comme chemin de retour du courant. Une voiture sur pneus ne le peut pas. Toucher un seul fil ne suffit donc pas. Il faut deux conducteurs isolés et deux contacts, ou une autre architecture complète de retour, sans utiliser la glissière ou la terre comme retour normal.

L’installation eHighway.SH utilise justement deux conducteurs aériens. Pour la variante latérale, on étudierait deux pistes conductrices dans un profil protégé, un captage isolé, un convertisseur adapté au véhicule et une commande par le système de gestion de batterie. Ce sont des choix de conception à valider, pas des spécifications certifiées.

Combien de kilomètres faut-il pour recharger ?

Exemple de calcul : vitesse constante de 100 km/h, consommation de 20 kWh/100 km, rendement de 90 % entre le captage et le bus électrique du véhicule. Ces valeurs sont des hypothèses ; elles ne proviennent pas d’un prototype. La propulsion absorbe alors 20 kW. À 100 kW captés, il reste environ 70 kW pour augmenter la réserve.

Durée = longueur ÷ vitesse

Gain net ≈ (puissance captée × rendement − consommation × vitesse ÷ 100) × durée

Sur 10 km : (100 × 0,90 − 20) × 0,10 = 7 kWh nets, soit environ 35 km de réserve au même niveau de consommation, en plus des 10 km déjà parcourus.

Pour gagner 10 kWh nets dans ce scénario, il faut environ 14,3 km de voie équipée. À 50 kW, le gain tombe à 2,5 kWh sur 10 km ; à 150 kW, il atteint 11,5 kWh. Les puissances de captage ne sont pas des puissances garanties de charge : batterie, température, état de charge et électronique peuvent limiter le transfert.

Un rail latéral est-il le meilleur emplacement ?

Le côté de l’autoroute pourrait faciliter l’accès à certains équipements d’entretien et éviter un rail dans le revêtement. En revanche, le véhicule devrait maintenir son collecteur dans une fenêtre latérale étroite malgré vent, virages et mouvements de suspension. La géométrie doit préserver une distance sûre avec la barrière et rester compatible avec les différentes largeurs de voiture.

Un rail bas est plus accessible en cas d’accident, aux intervenants et aux débris. Un rail haut demande un collecteur plus long. Un rail au sol ou une caténaire présentent d’autres compromis. L’emplacement latéral est une hypothèse à comparer expérimentalement, pas une supériorité établie. Le captage ne doit jamais servir à guider mécaniquement la voiture contre la glissière.

Les fonctions qui rendent le concept crédible

  • Sections normalement hors tension : n’activer qu’une zone protégée après identification et confirmation d’un contact sûr ; analyser aussi les défauts d’alimentation.
  • Guidage et retrait : détecter les écarts, suspendre la puissance, puis rétracter avant dépassement, sortie de voie ou fin de rail.
  • Protection électrique : isolation, détection de défaut, limitation du courant et coupure rapide. Ne pas ouvrir un contact sous forte charge sans gestion de l’arc.
  • Environnement autoroutier : valider pluie, sel, poussière, usure des patins, débris, chocs et accès des secours.
  • Compatibilité constructeur : le véhicule doit accepter l’alimentation pendant la traction. Une prise de charge existante ne prouve pas cette capacité ; il faut une architecture dédiée.

Le conducteur demande le service ; l’automate vérifie ensuite les conditions. Un suivi de voie peut aider, mais la sécurité du contact doit rester assurée en cas d’erreur de guidage ou de perte de communication.

Le défi est aussi celui de l’infrastructure

Vingt voitures captant chacune 100 kW représentent déjà 2 MW au niveau des collecteurs, avant les pertes amont. Il faut dimensionner postes électriques, raccordement, protections, comptage et partage de puissance. Une limitation réseau réduit directement la charge récupérée.

Une analyse économique doit comparer coût par kilomètre, fréquence d’utilisation, entretien, adaptation des voitures et temps économisé avec des bornes rapides. Il n’y a pas encore de devis pour ce concept. À titre de contexte, Trafikverket indique que le projet E20 Hallsberg–Örebro a été terminé faute de financement après son retrait du plan national en février 2025. Un démonstrateur technique ne garantit donc pas un déploiement commercial.

Du concept au terrain

  1. Comparer caténaire, rail au sol et rail latéral : sécurité, coût, gabarit et entretien.
  2. Valider le contact et les protections sur banc électrique instrumenté.
  3. Tester sur piste privée à faible vitesse avec une flotte compatible et opérateurs.
  4. Augmenter progressivement vitesse et puissance, avec essais de retrait, pluie et manœuvres d’urgence.
  5. Évaluer un corridor limité avec l’exploitant routier, les constructeurs, les assureurs et les autorités avant toute route ouverte.

Verdict : alimenter un véhicule en roulant est techniquement démontré dans des architectures voisines. Notre rail latéral pour voitures reste une proposition de recherche dont les principaux verrous sont le captage sûr, l’intégration aux véhicules et le coût de l’infrastructure.

Sources consultées

  1. Siemens — eHighway demonstration
  2. Alstom — APS for road
  3. eHighway.SH — Infrastructure
  4. Trafikverket — E20 Hallsberg–Örebro

Sources consultées le 22 octobre 2026. Les propositions d’architecture et les calculs sont notre analyse, distincte des démonstrateurs cités.

Calculateur de recharge

Modèle simplifié à puissance et vitesse constantes. Rendement supposé : 90 %. Le résultat n’intègre pas les limites de charge ni la place restante dans la batterie.